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DEPISTREC : Evaluation de l’utilité clinique et médico-économique du dépistage néonatal généralisé des Déficits Immunitaires Combinés Sévères (DICS) par quantification des TRECs sur cartes de Guthrie

Isabelle Durand-Zaleski, Hasina Rabetrano, Marie-Caroline Clément

Collaborations : Dr Marie Audrain (Laboratoire d’immunologie, CHU Nantes-Hôtel Dieu), Pr Véronique Sebille (Service de Biostatistique, Pharmacoépidémiologie et Mesures Subjectives en Santé, CHU Nantes)

Contexte

Le déficit immunitaire combiné sévère (DICS) est une maladie génétique caractérisée par un déficit profond de l’immunité (absence de lymphocytes T). Les enfants atteints sont asymptomatiques à la naissance mais décèdent d’infections dans la première année de vie s’ils ne sont pas traités et sont très vulnérables aux infections secondaires liées à l’injection de vaccins vivants. La greffe de moelle osseuse permet de remplacer le système immunitaire défaillant et de guérir ces enfants. La thérapie enzymatique et la thérapie génique sont aussi envisageables dans certains cas. Aux Etats-Unis, le dépistage néonatal des DICS est recommandé depuis 2010 et aujourd’hui, 45% des nouveau-nés sont testés. En Europe, des études pilotes commencent.

La méthode utilisée et reconnue est la quantification des TRECs (T-cell Receptor Excision Circle) sur cartes de Guthrie. Les TRECs sont des séquences d’ADN excisées lors de la maturation des lymphocytes T qui reflètent le nombre de lymphocytes T naïfs matures dans le sang d’un individu. Ils sont donc indétectables dans le sang chez les enfants atteints de DICS. Ils sont dosés par PCR sur un échantillon d’ADN extrait sur la carte de Guthrie, actuellement déjà préparée à partir de 2-3 gouttes de sang chez tout nouveau-né à 72 heures de vie dans le cadre des autres dépistages. Une goutte supplémentaire suffit pour ce nouveau test.

Objectif

L’étude a pour but d’étudier la faisabilité du dépistage néonatal généralisé du DICS en France, ainsi que son utilité clinique et médico-économique. Elle cherchera aussi à montrer que ce dépistage est acceptable par la population quelle que soit l’organisation du dépistage retenue en France.

L’objectif principal de l’analyse médico-économique est de calculer un ratio coût/efficacité de la mise en place du dépistage néonatal généralisé du DICS à la naissance.

Méthode

Dans un premier temps, une étude préliminaire évaluera la technique utilisée pour le dépistage in vitro. Elle aura lieu au CHU de Nantes et inclura plus de 5 000 échantillons anonymisés et quelques DICS connus dans le but de confirmer les résultats de spécificité et de sensibilité publiés dans la littérature. Le coût de la technique sera également évalué du point de vue du laboratoire d’immunologie.

Une fois la technique validée, une étude de dépistage multicentrique sera mise en place. L’étude sera non randomisée, ouverte et portant sur des nouveau-nés a priori sains. Il est prévu d’inclure 200 000 enfants sur 2 ans sur l’ensemble du territoire. Le groupe contrôle prospectif sera constitué par les 700 000 naissances annuelles ne bénéficiant pas du dépistage.

Le statut vital à 18 mois avec cause de décès sera recherché pour les 200 000 enfants inclus. Les données cliniques concernant les enfants avec un dépistage positif de DICS seront recueillies (explorations, traitements etc.).

Une analyse coût-efficacité sera réalisée par l’URC Eco. Les critères principaux retenus pour l’évaluation médico-économique sont le délai de prise en charge par un traitement curatif (nombre de patients traités dans les 4 premiers mois de vie) et l’espérance de vie. Les critères secondaires sont le nombre de jours d’hospitalisations pendant les 18 premiers mois de l’enfant, le coût total de prise en charge des enfants atteints de DICS entre leur naissance et 18 mois, et le coût total de prise en charge des enfants atteints de DICS modélisé à 10 ans.

Une étude de micro-costing évaluera le coût de la prise en charge d’un enfant diagnostiqué grâce au dépistage (prise en charge par les associations régionales de dépistage, test au laboratoire, éventuel second prélèvement, consultation etc.). Un groupe contrôle de patients ayant un DICS diagnostiqué lors d’infections et n’ayant pas bénéficié du dépistage durant la même période sera constitué à partir du PMSI et/ou grâce du registre du CEREDIH (Centre de Références des Déficits Immunitaires Héréditaires) pour comparaison.

Une modélisation par modèle de Markov extrapolera à 10 ans les données de survie et de coût de prise en charge des patients.

Echéancier

Etude préliminaire : 2012-2013

Les résultats ayant montré une spécificité de 99.8% une sensibilité de 100% pour un coût moyen maximum par échantillon entre 3,10 € et 4,30 € (selon les scénarios), l’étude de dépistage multicentrique va être mise en place.

Début de l’étude de dépistage : 2014

Fin du projet (estimée) : 2018

Dernière mise à jour le 26/05/2014