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Dépistage précoce et traitement curatif du carcinome hépatocellulaire - Construction d’un modèle médico-économique

Benjamin Cadier, Julie Bulsei, Karine Chevreul, Isabelle Durand-Zaleski

Collaborations : Pr Jean-Claude Trinchet, Dr Pierre Nahon (Service d’Hépato-Gastroentérologie, AP-HP - Hôpital Jean Verdier), Pr Alexis Laurent (Service de chirurgie et de transplantation, AP-HP - Hôpital Henri Mondor), Dr Isabelle Rosa (Service d’Hépato-Gastroentérologie, AP-HP - Hôpital Bicêtre)

Contexte

Le Carcinome Hépatocellulaire (CHC) est la principale cause de mortalité chez les patients atteints de cirrhose hépatique, toute étiologie confondue (alcool, stéato-hépatite non alcoolique, virus de l’hépatite C et/ou B). En effet, le CHC est associé à la cirrhose dans plus de 90% des cas et son incidence annuelle varie de 3 à 6 % selon la cause.

Le dépistage du CHC repose, selon les recommandations en vigueur, sur la réalisation semestrielle d’une échographie hépatique (HAS, Septembre 2007). Un CHC diagnostiqué de manière précoce permet, à l’aide d’un traitement curatif, d’augmenter l’espérance de vie des malades. Mais, de nombreux arguments suggèrent que le suivi des patients atteints de cirrhose n’est pas conduit de manière optimale dans les pays développés et notamment en France ce qui retarderait le diagnostic et la mise en place du traitement curatif (critères de Milan). En effet, une étude a montré qu’environ 65% des patients traités dans le cadre d’un programme de dépistage du CHC ont reçu un traitement curatif contre seulement 20% des patients non inclus dans le programme.

Objectifs

L’objectif principal de cette recherche est d’estimer l’efficience, en termes de coût et d’efficacité (espérance de vie des patients cirrhotiques), d’une observance parfaite des recommandations de bonne pratique du suivi des cirrhoses dans le dépistage et le traitement du CHC.

L’objectif secondaire est d’évaluer le rapport coût-efficacité des différentes stratégies thérapeutiques mises en place dans le traitement du CHC (transplantation, résection chirurgicale, radiofréquence percutanée, chimioembolisation, chimiothérapie, soins palliatifs) lors d’un suivi en « vie réelle » comparé au suivi académique.

Matériel et méthode

La méthode retenue est une modélisation de type Markov permettant de comparer le suivi en « vie réelle » au suivi académique sur un horizon temporel de 10 ans du point de vue de l’assurance maladie.

Ce modèle simule 6 cohortes fictives de 1 000 patients cirrhotiques représentatifs de cette population selon l’âge et le sexe (âge de 55 ans à l’entrée dans le modèle et 65 % d’hommes). Trois cohortes sont considérées comme suivant la prise en charge académique et les trois autres la prise en charge usuelle. Les patients de chacun de ces 2 groupes de 3 cohortes sont traités soit par résection (75 %), soit par radiofréquence (20 %), soit par transplantation hépatique (5 %). Le résultat obtenu est un ratio coût-efficacité incrémental (ICER). L’efficacité est exprimée en années de vie et le coût en unités monétaires (€). Une analyse de sensibilité déterministe (ASD) puis probabiliste (ASP) sont réalisées par la suite afin d’évaluer l’incertitude sur les résultats.

La modélisation sera adaptée au contexte français en utilisant principalement les données de deux cohortes nationales (ANRS CO12 CirVir, CHANGH) et d’un essai multicentrique français comparant deux périodicités de surveillance échographique (CHC 2000).

Echéancier

  • début : 2012
  • fin : 2016

Dernière mise à jour le 22/09/2015