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Etude SAFE 21 : Dépistage avancé non invasif de la Trisomie 21 sur sang maternel

Isabelle Durand-Zaleski, Mariem Ghardallou, Alicia Le Bras

Collaborations : Pr Laurent Salomon (Service de Gynécologie Obstétrique, Hôpital Necker Enfants Malades), Pr Michel Vekemans (Service de cytogénétique, Hôpital Necker Enfants Malades), Dr Valérie Malan (Service de cytogénétique, Hôpital Necker Enfants Malades), Shohreh AZIMI (DRCD-AP-HP), Dr Laurence Bussières (URC/CIC Paris Descartes Necker Cochin), Dr Caroline Elie (URC/CIC Paris Descartes Necker Cochin), Valérie Seror (INSERM), Laurence Lecomte (URC-CIC Cochin Necker)

Contexte

La trisomie 21 est la cause la plus fréquente de handicap d’origine chromosomique avec une prévalence de l’ordre de 1,3/1 000 qui augmente avec l’âge maternel. Plusieurs stratégies de dépistage prénatal ont été développées. En France, la Haute Autorité de Santé a recommandé qu’un dépistage combiné soit proposé à toutes les femmes au premier trimestre de grossesse entre 11 et 14 semaines d’aménorrhée (SA). Ce dépistage repose sur la combinaison de l’âge maternel, la mesure de la longueur cranio-caudale, de la clarté nucale et des marqueurs sériques. Environ 85% des femmes y ont recours. La sensibilité de ce test est d’environ 85% et la spécificité de 95%.

Si le dépistage s’avère positif, ce qui est le cas d’un peu moins de 5% des femmes, une procédure invasive par prélèvement de villosités choriales (entre 11-14 SA) ou par amniocentèse (non réalisable avant 15 SA) est réalisée. Toutefois, la valeur prédictive positive du dépistage combiné du premier trimestre demeure faible (1/30). Les effets secondaires de cette politique basée sur un diagnostic invasif immédiatement après un dépistage combiné à risque génère, outre l’anxiété maternelle tout au long du processus, un risque de perte fœtale à la suite de la procédure invasive d’environ 1/200 à 1/100, un risque mal défini mais réel de morbidité maternelle et des coûts importants (geste invasif, hospitalisation, arrêt de travail…).

Une alternative est l’approche non invasive du diagnostic sur sang maternel (dépistage prénatal non invasif, ou DPANI). En effet, près de 10% de l’ADN libre circulant pouvant être recueilli dès le premier trimestre de grossesse dans le plasma maternel est d’origine fœtale. L’ADN fœtal circulant peut donc être utilisé pour diagnostiquer la trisomie 21. Plusieurs études récentes dans des populations de femmes à haut risque, voire à risque intermédiaire, ont montré qu’une analyse de l’ADN fœtal libre circulant dans le sang maternel est possible et permet de dépister une trisomie 21 fœtale avec une sensibilité de plus de 98% et un taux de faux positif inférieur à 3%. Les techniques de séquençage à très haut débit de tout l’ADN circulant dans le sang maternel rendent légitime la proposition de ce type de test aux femmes à risque, après un dépistage les classant dans un groupe à risque élevé. Il permettrait en effet de diminuer leur risque initialement calculé en cas de résultat négatif, permettant aux femmes à risque a priori de sursoir à un prélèvement invasif.

Objectif

Le projet SAFE 21 s’inscrit dans la continuité du projet Seq 21 qui a permis de démontrer la faisabilité et la validité des techniques de séquençage dans une population de femmes à risque. À l’heure actuelle, aucune étude n’a été réalisée sur l’impact clinique et médico-économique de la technique du DPANI. Dans ce cadre, l’objectif de ce projet est d’évaluer l’utilité clinique et médico-économique de l’implémentation du DPANI dans le dépistage actuel, avant sa généralisation éventuelle.

Le volet médico-économique a pour objectif d’évaluer le coût et l’efficience du DPANI en pratique clinique et l’impact budgétaire de son utilisation par rapport au dépistage conventionnel.

Méthode

Il s’agit d’une étude randomisée contrôlée multicentrique ouverte portant sur des femmes enceintes dont le fœtus est à haut risque de Trisomie 21 (risque >1/250). Ces patientes seront réparties en deux groupes : un groupe « DPANI » qui aura un prélèvement sanguin pour séquençage à haut débit et un groupe « DPN » qui aura un prélèvement fœtal (amniocentèse ou biopsie de trophoblaste). La durée de participation à l’étude sera de 7 mois pour chaque patiente incluse et la durée des inclusions sera de 24 mois. Le suivi des patientes sera en fonction du résultat obtenu par l’une ou l’autre des techniques employées.

Le coût de la nouvelle technique DPANI sera valorisé par micro-costing, avec une observation directe des personnels, des équipements et des consommables nécessaires au laboratoire de cytogénétique de l’hôpital Necker. La valorisation des consommations médicales pendant le suivi sera réalisée à partir des données de l’Étude Nationale de Coûts à méthodologie Commune (ENCC) qui sont issues de la comptabilité analytique d’un panel d’établissements.

L’évaluation économique de type coût-efficacité exprimera le coût par perte fœtale évitée. Cette analyse sera complétée par une analyse coût-efficacité sur le nombre de trisomies 21 détectées ainsi que sur toutes les anomalies fœtales détectées.

Echéancier

Début de l’étude de dépistage : Février 2014
Fin de l’inclusion : Avril 2016
Fin du suivi : Novembre 2016
Fin du projet : Novembre 2017

Dernière mise à jour le 26/01/2017