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Financements en faveur de la recherche en psychiatrie en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis

Karine Chevreul, Isabelle Durand-Zaleski , Amélie Prigent

Collaborations : David McDaid (London School of Economics, European Observatory on Health Systems and Policies), Carrie M. Farmer (Rand Corporation, USA), A-La Park (London School of Economics), Marion Leboyer (Fondation FondaMental, INSERM, U995), David J. Kupfer (University of Pittsburgh School of Medicine)

Introduction

En Europe et aux Etats-Unis, les troubles mentaux et du comportement touchent entre un cinquième et un quart de la population. La charge de morbidité qui y est associée, exprimée en années de vie corrigées du facteur d’invalidité (Disability-Adjusted Life Years, DALYs), est comprise entre 17 et 25% de la de morbidité totale, toutes pathologies confondues. Les dépenses de santé générées par ces maladies représentent entre 8 et 10% des dépenses totales de santé. Au vu du fardeau que représente la maladie mentale en Europe et aux Etats-Unis, les financements accordés à la recherche dans le champ de la psychiatrie constituent un réel sujet de préoccupation.
Ce travail a pour objectif d’estimer les investissements effectués en faveur de la recherche en psychiatrie par les organismes publics et par les institutions privées à but non lucratif en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Méthodes

Une étude exhaustive des sources principales de financements pour la recherche en psychiatrie émanant des organismes publics et des institutions privées à but non lucratif a été réalisée. Les coûts structurels, les bourses de recherche dans le domaine de la psychiatrie ainsi que les contributions spécifiques de l’Union Européenne ont également été inclus. Des méthodes bottom-up (France, Royaume-Uni et USA) et top-down (France) ont été utilisées pour estimer les investissements alloués à la psychiatrie.

Résultats

La France a dépensé 27,6 M$ pour la recherche en psychiatrie, soit 2% de ses dépenses totales pour la recherche en santé, le Royaume-Uni 172,6 M$ (7%) et les Etats-Unis 5,2 milliard $ soit 5200 M$ (16%). Les dépenses des institutions privées variaient de 1% des dépenses totales pour la recherche en psychiatrie en France à 14% au Royaume-Uni.

Discussion

Le financement de la recherche en psychiatrie représente une faible part des financements totaux alloués à la recherche en santé, comparé au fardeau humain et économique des troubles mentaux et du comportement et aux investissements de recherche effectués dans d’autres champs de la santé. Dans les trois pays considérés, la part prépondérante des investissements de recherche en psychiatrie émane de l’Etat ou de l’Assurance Maladie. L’augmentation des investissements dans la recherche en psychiatrie est tributaire d’une prise de conscience des bénéfices de la recherche en termes de résultats de santé et de résultats économiques.

Dernière mise à jour le 16/04/2012