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Méthode de détermination non invasive du groupe rhésus D par analyse de l’ADN foetal circulant dans le sang maternel

Collaborations : Dr Y. Brossard - CNRHP Hôpital St Antoine, Dr A. Cortey - CNRHP Hôpital St Antoine, Dr A. Levy-Mozziconacci - APHM, Pr I. Durand-Zaleski - URC Eco Ile de France

Résumé

Les Recommandations de Pratique Clinique (RPC) sur l’Immunoprophylaxie Rhésus D (décembre 2005) proposent l’utilisation systématique du génotypage fœtal Rhésus D non invasif chez les femmes enceintes Rhésus D (RhD) négatif (15% des femmes enceintes en France) pour leur éviter les injections d’immunoglobulines anti-D (IgRh), qu’elles soient d’indication ciblée ou systématique.

Environ un tiers des femmes RhD négatif étant enceintes d’enfants eux-mêmes RhD négatif, le nombre d’injections d’IgRh pourrait être diminué d’autant, sans diminuer l’efficacité de la prévention. En France, plusieurs laboratoires spécialisés disposent d’une technique de génotypage fœtal sur sang maternel. Les éléments qui freinent encore son utilisation à large échelle sont l’absence de standardisation des techniques, l’absence de kit commercial pour la diffusion en dehors de ces centres spécialisés et encore l’absence de remboursement du test.

Objectifs

  • Etudier la diffusion à cinq laboratoires en France familiers du diagnostic anténatal en biologie moléculaire, de la méthode validée de détermination non invasive du génotype fœtal RhD, mise au point par le Centre National de Référence en Hémobiologie Périnatale (CNRHP). Cette méthode a été développée sous la forme d’un kit (marquage CE en février 2007, avant le début de l’étude) et sera testée sur une population de 500 à 1000 femmes enceintes RhD négatif par an et par site au cours du STIC.
  • Evaluer les variantes techniques des différentes plate-formes (automates de PCR en temps réel, réactifs d’amplification,…) dans l’application du kit.
  • Encourager les améliorations de productivité et de qualité de la technique :
    • par l’automatisation de l’extraction de l’ADN plasmatique.
    • par la mise en place d’un système de qualité sous forme de gammes de calibrage déjà existantes (brevet français n°01/03551 ; brevet européen n°03/290572.1) ou en cours d’élaboration et de témoin de présence d’ADN fœtal (en cours d’évaluation). Toute amélioration pourra faire l’objet d’un kit de 2ème génération.

Schéma de l’étude

Seront évalués :

  • le coût de la stratégie du génotypage, selon différentes modalités d’organisation et de diffusion propre à chaque réseau de soin loco-régional comparé au coût de la prévention, ciblée et systématique, selon les RPC,
  • les conditions d’accès pour les femmes enceintes RhD négatif au génotypage RhD fœtal généralisé et les limites de faisabilité ou d’implantation du génotypage systématique au quotidien dans le réseau obstétrical de soins français,
  • le bilan qualité du test : robustesse, spécificité, sensibilité, fréquences des indéterminés et des variants géniques silencieux,
  • la prise en compte du résultat du génotypage dans le suivi biologique et les indications potentielles de l’immunoprophylaxie Rh.

Une coordination conjointe Paris-Marseille assurera le déroulement du projet ainsi que l’analyse des données.

Les participants du groupe génotypage sont :

  • En ce qui concerne l’APHP, le laboratoire du CNRHP et le laboratoire commun de Génétique et de Biologie Moléculaire (Dr Lascols) de l’Hôpital St Antoine, les Maternités de St-Antoine (2200 accouchements par an et 10% de femmes RhD négatif), de St Vincent de Paul (2500 accouchements et 15% de femmes RhD négatif) et de Rothschild (2100 accouchements par an et 13% de femmes RhD négatif) ; seront ainsi testées 850 femmes RhD négatif par an.
  • Les participants hors APHP sont : les Centres Hospitaliers de Lille (675 femmes RhD négatif), Marseille (900 femmes RhD négatif), Nantes (600 femmes RhD négatif) et Poissy (4500 accouchements par an, soit 600 femmes RhD négatif).

Au total, 3625 patientes vont ainsi pouvoir bénéficier potentiellement du génotypage RhD fœtal non invasif au cours de cette étude.

Par ailleurs, le groupe témoin est constitué de certaines maternités de la région parisienne (les femmes RhD négatif ne bénéficieront pas d’un génotypage mais de l’immunoprophylaxie Rh par injection d’IgRh selon les dernières RPC). Ces maternités adressent, par convention, les examens nécessaires à la prophylaxie du post-partum au laboratoire du CNRHP, pour toutes les femmes RhD négatif accouchant dans leur établissement. Les maternités pressenties pour le groupe témoin assurent respectivement une nombre d’accouchements annuel de 3000 pour Cochin–Port Royal, 2400 pour Robert Debré, Louis Mourier et Jean Verdier (Bondy), 2300 pour Tenon et la Pitié-Salpétrière, avec un pourcentage de femmes RhD négatif accouchant dans ces maternités variant de 9% à 15% suivant les origines ethniques de la population à l’inscription.

Dernière mise à jour le 22/01/2010