Nos projets > > Projets en cours > > STICs / PHRC > > Soutien aux Technologies Innovantes et Coûteuses > 2009

HELICOSTIC : évaluation médico-économique d’une stratégie thérapeutique basée sur la détection moléculaire de la résistance aux antibiotiques dans la prise en charge de l’infection à H. pylori ; essai contrôlé randomisé

Nathanaël Charrier, Hassani Maoulida, Pr I. Durand-Zaleski

Collaborations : Pr DELCHIER Jean-Charles, Investigateur principal ; Dr BURUCOA Christophe, Co-coordinateur bactériologiste ; Pr BASTUJI-GARIN Sylvie, Méthodologiste analyse statistique

Justification / contexte

Helicobacter pylori, est une bactérie de transmission interhumaine qui, en l’absence de traitement, persiste le plus souvent toute la vie du malade et peut entraîner différentes pathologies comme la gastrite chronique, l’ulcère gastro-duodénal, le cancer gastrique et le lymphome gastrique du MALT. La prévalence de l’infection à H. pylori est estimée à 30% en population française.
Le diagnostic de cette infection est généralement fait à l’occasion d’une endoscopie digestive permettant de faire des biopsies. Le test diagnostique de référence est l’histologie et le traitement de référence est une trithérapie associant un inhibiteur de la pompe à proton (IPP double dose), amoxicilline (1gX2/jour) et clarithromycine (500 mgX2/jour). Il est qualifié de probabiliste car il conduit à un taux d’éradication de seulement 70%. Un traitement de deuxième ligne (IPP associé à amoxicilline 1gX2/jour et métronidazole 500 mgX2/jour) permet d’éradiquer la bactérie chez 63% des patients en échec après un premier traitement. Le taux d’éradication de la bactérie après deux lignes de traitement est ainsi d’environ 90%, mais on assiste à une augmentation des taux de bactéries résistantes aux antibiotiques et les résultats sont vraisemblablement moins bons aujourd’hui.
L’innovation testée dans l’étude HELICOSTIC est double. Elle consiste d’une part à détecter les bactéries résistantes aux antibiotiques et d’autre part à adapter les traitements selon les résultats. La technique de détection moléculaire (GenoType® HelicoDR) permet de détecter simultanément l’infection et les résistances aux antibiotiques par l’analyse de la séquence nucléotidique des gènes de la bactérie. Les traitements adaptés selon le résultat du test moléculaire suivent les règles suivantes (S = sensible à ; R = résistant à) :

  • si clarithromycine S et quinolone S : IPP-amoxicilline 1gX2/j etclarithromycine 500mgX2/j 7 jours ;
  • si clarithromycine R et quinolone S : IPP-amoxicilline1gX2/j et lévofloxacine 250mgX2/j 10 jours ;
  • si clarithromycine S et quinolone R : IPP-amoxicilline1gX2/j et clarithromycine 500mgX2/j 7 jours ;
  • si clarithromycine R et quinolone R : IPP-amoxicilline1gX2/j et métronidazole 500mgX2/j 14 jours

Objectifs

Notre objectif principal est de comparer le taux d’éradication de H. pylori selon que les patients infectés reçoivent un traitement probabiliste ou un traitement adapté aux résultats des tests de résistance aux antibiotiques. Il est jugé sur la réalisation d’un test respiratoire à l’urée C13 fait au minimum 4 semaines et au maximum 12 semaines après la fin du traitement et à distance d’au moins 4 semaines de toute prise d’IPP ou d’antibiotique.

Les objectifs secondaires sont :

- Comparer le coût des traitements
- Mesurer l’efficacité thérapeutique de l’association IPP, amoxicilline et lévofloxacine
- Comparer les effets secondaires
- Comparer les taux de rechute ou de complication
- Estimer le taux de résistance de H. pylori à la clarithromycine et aux fluoroquinolones en France en 2009 et 2010.

Méthode

Le design de l’étude est un essai prospectif multicentrique avec randomisation sur 2 groupes parallèles. Le devenir à 6 mois des patients recevant le traitement adapté selon les résultats de la détection moléculaire (groupe test moléculaire) est comparé à celui des patients recevant le traitement standard (traitement probabiliste ; groupe témoin). La randomisation est stratifiée sur le centre et l’existence ou non d’un traitement antérieur. Au total, 500 patients infectés à H. pylori doivent être inclus, soit 250 par groupe.

Echéancier

Date de début du projet : 2009

Date de fin du projet : 2014

Dernière mise à jour le 27/02/2014