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Fleche Home Parcours de prises en charge, fardeau économique et perte de qualité de vie dus à la maladie mentale, par grand groupe de pathologies, pour les patients du secteur de psychiatrie

Amélie Prigent, Karine Chevreul, Isabelle Durand-Zaleski

Collaborations : Marion Leboyer (Fondation FondaMental, Inserm U955, Groupe hospitalier Henri Mondor – Albert Chenevier), Blaise Kamendje-Tchokobou (CHD Georges Daumézon)

Ce projet de recherche s’inscrit dans le cadre d’un travail de doctorat qui est réalisé grâce au soutien de la Fondation FondaMental, fondation de coopération scientifique.

Contexte et problématique

Le coût de la pathologie mentale en France (Le coût de la pathologie mentale en France en 2007) a été estimé à 109,2 milliards d’euros par l’URC Eco. Seul 1/5ème de ce coût constitue des dépenses formelles, incluant les coûts pour le système de soins (59%) et les coûts pour les secteurs social et médico-social (41%), alors que les dépenses informelles représentent 4/5ème du total et se répartissent entre le coût des soins informels (2%) et les coûts liées à la perte de productivité (23%) et à la perte de qualité de vie (75%).

Au sein de l’offre de soins en psychiatrie, le « secteur psychiatrique », qui dispense et coordonne l’ensemble des soins nécessaires pour la population résidant dans une aire géographique définie, constitue l’unité de base de la délivrance de soins en psychiatrie publique. En termes de coûts, l’étude menée par l’URC Eco a montré que 54% de l’ensemble des coûts générés pour le système de soins provenaient de la psychiatrie de secteur, ce qui confirme la prépondérance de cette structure de soins en psychiatrie.

Au regard de ces éléments, l’étude que nous proposons est centrée sur les patients pris en charge par le « secteur psychiatrique ». Il a pour objectif de décrire, par grand groupe de pathologies, les parcours de soins des patients au sein des établissements de psychiatrie sectorisés et de mesurer les coûts générés par les différentes prises en charge ainsi que le fardeau de la maladie en termes de perte de qualité de vie pour les patients.

Les résultats permettront notamment de mettre en évidence d’éventuels bénéfices qui seraient engendrés par des investissements dans certains champs du secteur sanitaire et par des modifications de prises en charge.

Méthode

Dans un premier temps, nous nous intéresserons aux sept secteurs de psychiatrie générale rattachés au Centre Hospitalier Départemental Georges Daumézon (CHD Daumézon), centre hospitalier spécialisé en psychiatrie qui présente plusieurs types de structures de soins pour une file active de 8 304 patients.

Les parcours de soins seront analysés par grand groupe de pathologies, au travers des différentes prises en charge et formes d’activités dont bénéficie le patient dans le cadre de son suivi au sein de l’établissement (prise en charge à temps complet, à temps partiel (hospitalisation de jour et de nuit, CATTP) et ambulatoire (CMP)). Les interactions entre ces différentes formes de prises en charge, les durées et la fréquence des hospitalisations ou des suivis seront étudiées, ainsi que les interactions avec le milieu extérieur (domicile ou établissements médico-sociaux). Ce travail sera réalisé à partir des données du Recueil d’Informations Médicalisé pour la Psychiatrie (RIM-P) qui seront analysées par le biais d’analyses descriptives et exploratoires (ACM, CAH) dans le but d’identifier des groupes de patients qui se ressemblent au regard de leur parcours de soins.

Dans une seconde étape, nous évaluerons les coûts associés aux différentes prises en charge pour chaque groupe de pathologies. Pour cela, une méthode top-down sera utilisée. Nous répartirons la dotation globale de l’établissement entre les grands types de parcours de prise en charge des groupes de pathologies en nous appuyant sur les durées de séjours et le nombre de consultations dans chaque forme d’activité. Il sera également tenu compte de la diversité des formes d’activité au sein du parcours de soins du patient car cela génère des transferts de dossiers entre unités de soins et un temps dédié à l’accueil du patient dans un nouvel environnement. Ce travail sera effectué à partir des données du RIM-P, de la Statistique Annuelle des Etablissements de santé (SAE) et des données de comptabilité du CHD Daumézon.

Enfin, dans le but d’obtenir une mesure précise de la qualité de vie des patients suivis par le « secteur de psychiatrie », nous mettrons en place, sur la base du volontariat, une étude prospective auprès d’un échantillon de patients pris en charge dans quatre secteurs de psychiatrie générale du CHD Daumézon. Suite à une revue de la littérature, deux outils permettant de mesurer la qualité de vie d’un point de vue économique ont été identifiés comme étant les seuls pertinents dans le cadre de cette étude : le SF-36 et l’EQ-5D. Les réponses données aux questionnaires de qualité de vie seront transformées en données d’utilité puis comparées aux données d’utilité observées en population générale. La perte de qualité de vie identifiée sera finalement valorisée au PIB per capita français et constituera une estimation du coût informel associé à la perte de qualité de vie pour chaque groupe de pathologies.

Echéancier

Novembre 2009 - Septembre 2013

Dernière mise à jour le 28/10/2011