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Evaluation médico-économique de la détection rapide des streptocoques du groupe B au cours de l’accouchement

Le Streptocoque du groupe B (SGB) représente en France et dans les pays industrialisés la première cause d’infections néonatales (ref). Ces infections se manifestent sous forment de pneumonies, septicémies et méningites.

Les recommandations de l’ANAES (2001 ref) dans la prévention du risque d’infection néonatale préconisent le dépistage systématique par un prélèvement vaginal (PV) de toutes les femmes enceintes entre la 34 et la 37 semaine de grossesse pour la recherche de SGB. Les femmes colonisées à SGB bénéficient d’une antibioprophylaxie au moment de l’accouchement pour lesquelles les béta-lactamines de type, pénicillines sont les antibiotiques préconisés.

Des études ont montré que cette stratégie avait permis de réduire de façon significative l’incidence des infections néonatales précoces (ie infections qui surviennent avant le 5ème jour et dans 80 % des cas dans les 24 premières heures après l’accouchement) passant d’un taux de 1,5 /1000 à la fin des années 80 à 0,37 pour 1000 naissances (ref). En revanche, l’incidence des infections néonatales tardives (ie, infections qui surviennent au-delà de la première semaine de vie, pour certains 5 jours après l’accouchement) dont le mode de transmission et la physiopathologie reste encore partiellement compris n’a pas été modifié par cette stratégie de dépistage systématique.

Le SGB est une bactérie commensale de la flore génitale et digestive. Le taux de colonisation vaginal à SGB varie entre 10 et 30% en fonction des études et cette colonisation au cours de la grossesse est intermittente (ref). Cette dernière caractéristique justifie que le PV de dépistage soit réalisé en fin de grossesse (ref).

Actuellement, il n’existe pas de données nationales recensées et publiées sur le suivi de cette stratégie de dépistage, et son retentissement sur l’incidence des infections néonatales. Cependant, des données ponctuelles obtenues par certains centres qui participent à cette demande montrent qu’en moyenne, le dépistage pour la recherche de SGB est réalisé dans 80% des cas (ce chiffre doit probablement être surestimé dans la mesure où ces données proviennent de centres hospitaliers qui hébergent des maternités de type 3). En revanche, le taux de femmes dépistées négatives à 35-37 semaines mais positive au moment de l’accouchement n’est pas connu.

Dès lors, il est légitime de suggérer que ces deux populations « non dépistées » ou « faussement négatives » pourraient pour partie contribuer à la persistance des infections néonatales précoces. Les résultats du CNR-Streptocoque pour l’année 2006 confortent cette hypothèse car dans plus de 70% des cas d’infections néonatales invasives précoces (bactériémie et/ou méningite) analysées, le statut concernant la colonisation à SGB de la mère n’était pas connu (PV non réalisé) ou négatif en dépistage 35-37 semaines(résultats non publiés).

Pour finir, des études, parfois contradictoires, soulignent la possibilité de l’impact écologique et de la sélection de bactéries résistantes dues à la mise en place d’une antibioprophylaxie systématique qui utilise des antibiotiques à large spectre, principalement l’amoxicille (ref).
Les techniques de PCR en temps réel qui permettent la détection des SGB dans les prélèvements biologiques sont validées maintenant depuis une dizaine d’années (ref). Leur spécificité et leur sensibilité sont variables en fonction des études. La sensibilité varie de 0,94 et 0,97 (IC95% 0,95-1,00) et la spécificité de 0,96 à 1,00 (IC95% 0,94-1,00) (ref). Jusqu’à présent les techniques et les dispositifs proposés nécessitaient leur implantation obligatoire dans un laboratoire de biologie.

En effet, aucun appareil commercialisé jusqu’à récemment (2006) ne prenait en charge l’intégralité du processus (extraction de l’ADN bactérien, préparation des réactifs, PCR et détection du produit amplifié) sans une aide technique spécialisée estimée quelle que soit la procédure utilisée à au moins 1 heure indépendamment du temps PCR réactionnel proprement dit. Le système rapidXpert GBS est un test de PCR en temps réel « clé en main » dont la préparation est réalisée en moins de deux minutes et ne requiert pas d’expertise technique spécialisée. C’est donc un dispositif qui répond parfaitement aux critères d’une biologie délocalisée et réalisable dans le contexte par les infirmièr(e)s ou sage femmes présent au moment de l’accouchement.
Dès lors, et afin de répondre aux objectifs de cette étude, la totalité des femmes qui accoucheront seront prélevées et testées par cette technique 24h/24h. . Le prélèvement sera réalisé dès le début du travail, par écouvillonnage de la partie inférieure et postérieure du vagin Cette exhaustivité horaire sera réalisée soit en implantant le dispositif en salle de travail, soit par le laboratoire à condition que le délai d’acheminement soit compatible avec une véritable réponse en temps réel.

En parallèle à cette technique moléculaire, un écouvillon dédié pour mise en culture au laboratoire et techniqué selon les procédures classiques usuelles sera réalisé. Ceci afin de confirmer les données de sensibilité et spécificité du test étudié.

Dernière mise à jour le 12/04/2013