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Traduction et validation du WHO-Health Performance QuestionnaireKarine CHEVREUL, Isabelle DURAND-ZALESKI, Amélie PRIGENT
Collaborations : Marion LEBOYER (Fondation FondaMental), Corinne Alberti (Hôpital Robert Debré), Jean-Luc Roelandt (Centre Collaborateur de l’Organisation Mondiale de la Santé pour la formation et la recherche en santé mentale (CCOMS)), Simon Vasseur Bacle (CCOMS), Maria Melchior (Inserm U687, Hôpital Paul-Brousse)
L’étude du coût de la pathologie mentale en France (Le coût de la pathologie mentale en France en 2007) estime à 22 milliards la perte de productivité qui y est associée. Elle mesure cependant exclusivement la perte liée à l’absence physique au travail et ignore la baisse de performance de personnes présentes au travail dont la santé mentale est altérée (présentéisme). Ce travail a pour objectif de mettre à disposition un outil de mesure en langue française permettant de prendre également en compte la perte de productivité associée à cette deuxième situation. Il propose de valider la traduction du WHO-Health Performance Questionnaire (WHO-HPQ) qui permet de quantifier, en termes d’heures de travail perdues, la perte de productivité liée à la maladie pour absentéisme et présentéisme.
En évaluant un nombre agrégé d’heures non travaillées, cet outil permet d’estimer des retours sur investissement des programmes de santé (Wang et al, 2007). Comme le souligne le rapport du centre d’analyse stratégique « la santé mentale, l’affaire de tous » (Centre d’analyse stratégique, 2010), réhabiliter la qualité de vie au travail est un vecteur important d’amélioration de la santé de la population. Cependant, s’il est reconnu qu’un individu souffrant de maladie mentale retrouve une productivité identique à celui d’un individu non-malade s’il est traité (Gilbody, 2006), il est également montré que les entreprises ont tendance à développer des programmes de prévention et d’accompagnement de la maladie mentale auprès de leurs employés, si elles ont la notion d’un retour sur investissement lié à ces programmes (Wang et al, 2007). La mise à disposition d’un outil en permettant la mesure est donc primordiale.
Le questionnaire WHO-HPQ est le plus utilisé dans la littérature. Il présente la validation psychométrique la plus complète et réduit le biais de mémoire tributaire des questionnaires d’autoévaluation. Il se présente sous forme d’un auto-questionnaire de 11 questions dont la validité interne, la reproductibilité, la fiabilité et la résistance au changement ont été démontrées pour la version anglaise (Kessler, 2003, 2004).
Nous l’avons d’abord traduit selon la procédure élaborée par l’OMS qui demande dans un premier temps, plusieurs traductions aller et retour ainsi qu’une validation par un comité de 12 experts français en méthodologie clinique, en pathologie mentale au travail et en perte de productivité.
Un deuxième temps organise l’expérimentation de la traduction au sein d’une entreprise. Nous avons pour projet de finaliser cette phase de validation au sein d’une entreprise pilote volontaire dans laquelle sera constitué un échantillon d’employés souffrant de maladie mentale incluant chaque groupe d’âge, sexe et niveau socio-économique. Sa taille est calculée pour qu’il y ait au moins 10 patients pour chaque section du questionnaire. Les médecins du travail de l’entreprise identifieront les travailleurs porteurs d’une pathologie mentale lors d’une consultation diagnostique. Ils leur passeront, après accord, le questionnaire WHO-HPQ traduit lors de la première étape ainsi que des questions complémentaires interrogeant la compréhension qu’ils ont eu du questionnaire (quel est le sujet de la question ? peuvent-ils répéter la question avec leurs mots à eux ? y a-t-il un mot qu’ils n’ont pas compris ? quel est le sujet de la question ?...). Le comité d’experts analysera les résultats du questionnaire et les réponses aux questions complémentaires avant de proposer des modifications ou de valider la version finale.
Dans une dernière étape, l’OMS harmonisera ce questionnaire avec les versions existantes dans d’autres langues et procédera à une validation finale.
Centre d’analyse stratégique (2010), La santé mentale l’affaire de tous, la documentation Française, collection rapport et document, N°24, 272p.
Gilbody et al (2006), Costs and consequences of enhanced primary care for depression : systematic review of randomised economic evaluations.. Br J Psychatry ; 189 : 297-308
Kessler RC et al (2004), Using the World Health Organization Healthand Work Performance Questionnaire (HPQ) to Evaluate the Indirect Workplace Costs of Illness.. JOEM 46, S6 : 23-37
Kessler RC et al (2003), Chronic Medical Conditions and Work Performance in the Health and Work Performance Questionnaire Calibration Surveys.. JOEM 45 : 1303-11
Wang PS. Et al (2007), Telephone screening, outreach, and care management for depressed workers and impact on clinical and work productivity outcomes. JAMA, 298 : 1401-11
Septembre 2011 – Avril 2012
Dernière mise à jour le 31/08/2011